Verdun Agglomération Handball : site officiel du club de handball de Verdun - clubeo

Le handball amateur aux abois !

4 mars 2021 - 08:58

France - crédit photos @ Comité 54 - @ Christophe De Villers

© Yves Michel - Handzone

Le mouvement de colère s'amplifie. Sevré d'activité depuis bien trop longtemps et dans une situation financière qui pourrait devenir catastrophique avec déjà une perte de licenciés dans la plupart de ses clubs, le handball amateur aussi bien chez les garçons que chez les filles lance un véritable cri d'alarme. Réclamant un peu plus de considération de ceux qui siègent dans les instances fédérales. 

Dans la plupart des 2400 clubs (et même désormais un peu moins) recensés par la FFHB dans tout le pays, l'inquiétude est grandissante. Car c'est un véritable cri d'alarme qui monte de la base et qui commence à fédérer de plus en plus de dirigeants, de pratiquants, de bénévoles animés tous, par la même passion. 

Il y a quelques heures, tous se réjouissaient que Nantes et Paris continuent leur périple en Ligue des Champions ou que Montpellier et Nîmes représentent fièrement les couleurs du hand hexagonal en European League. Mais n'est-il pas finalement indécent de mettre en avant ce type de performances quand une majorité jusque-là silencieuse clame son désarroi ? A ce jour, tous les championnats amateurs sont à l'arrêt et la survie de bon nombre de clubs est en jeu. Disparaître en silence ou armes et boucliers en mains ? 

C'est dans l'est de la France que les 1ères voix ont commencé à s'élever. Un collectif "Sauvons le Handball" a émergé et surtout pris de l'ampleur. En moins de deux semaines, 600 clubs ont déjà répondu à l'appel et présentent bon an, mal an, le même cahier de doléances. « Ceux à qui on s'adresse ne répondent pas à nos demandes, s'indigne Didier Vanhuys, le président du club de Marcq-en-Baroeul. La fédération fait la sourde oreille. Je ne suis même pas sûr qu'elle ait les vraies réponses. On ne connait même pas la teneur du plan d'action qui pourrait être mis en œuvre. » Il y a une semaine alors qu'il participait à une réunion de crise avec seize autres présidents de sports dits d'intérieur, Philippe Bana, le nouveau patron de la FFHB a fait part de sa préoccupation concernant la situation du monde amateur et qu'un plan de relance qualifié de « très risqué » avec un emprunt de 5 millions d'euros allait être voté (en principe ce vendredi). « On aimerait savoir comment cet argent va être réparti, s'interroge Didier VanhuysUn calcul rapide ? 5 millions d'euros, cela fait moins de 10€ par licenciés si c'est distribué à l'ensemble des 2400 clubs. Je n'hésite pas à le dire, cela devient fatigant et il y a un manque de respect pour des gens qui parfois ont tout sacrifié pour ce sport. S'il faut faire du bruit pour attirer l'attention, on ne va pas s'en priver. Car désormais il en va de l'existence même de nos clubs. » Le responsable du club nordiste n'est pas un cas isolé. Du nord au sud, de l'est à l'ouest, les structures amateurs ont vu leur situation se dégrader. Baisse du nombre de licenciés (20% en moyenne), impatience des pratiquants qui pour certains après presque deux saisons d'inactivité réclament un remboursement des cotisations, lassitude des parents et désertion des gamins qui faute de s'entraîner ou jouer dans les gymnases lorgnent vers les disciplines de plein air. « Ce qui m'inquiète, ce sont les prochains mois. Si à la rentrée, je dois rembourser mes licenciés, cela représente 45 000 euros, soit la moitié de mon budget annuel. S'il faut en arriver là, c'est la catastrophe assurée. A notre niveau, comme l'activité est au point mort, on ne sait pas si la subvention municipale sera reconduite ou si les quelques partenaires locaux que nous avions vont continuer à nous suivre ? » Et la liste des questions est encore longue et les présidents des clubs rencontrés partagent les mêmes craintes. D'autant que la Fédération n'a pas les remèdes à tous les maux. « De toute façon, on se demande qui administre le sport en France ? Le ministre de la santé ?  ironise Didier Vanhuys. Le sport amateur est en train de se casser la gueule ! Un club amateur, et ce n'est pas prétentieux de le dire, représente le haut de l'échelle. Les Valentin Porte, Elohim Prandi, Dylan Nahi, Adama Keita et bien d'autres ont tous commencé à ce niveau. Sans nous, il n'y aurait ni Fédé, ni professionnels. Et à force de ne pas être entendu, on va tirer le rideau. » Ce lundi, Philippe Bana et une délégation des présidents des Fédérations des sports en salle devaient être reçus à l'Elysée par le conseiller Sports d'Emmanuel Macron. Aucune communication n'a été faite à l'issue de cette entrevue. En Meurthe et Moselle, comme dans le Nord ou en Haute Vienne, d'aucuns craignent que la montagne ait accouché d'une souris.  

A Villers, l'inactivité s'est installée comme une routine 

Villers dans la proche banlieue de Nancy compte un club très dynamique de 370 licenciés, le plus important chez les amateurs du département de Meurthe et Moselle avec chez les garçons, une équipe fanion qui évolue en Nationale 1 (notre photo), une section féminine, du baby hand et des pratiquants qui du plus jeune au plus âgé ne cachent pas leur impatience. Les conditions de la reprise, la santé financière de la structure, le moral des troupes et surtout les réponses qu'il attend de la Fédération sont autant de questions qui ne cessent de torturer Serge Bussutil, le président depuis 18 saisons de Villers HB. 

Dans la situation actuelle, qu'est ce qui est le plus difficile à supporter ? 
Du jour au lendemain, tout s'est arrêté. Le seul salarié du club s'est retrouvé au chômage partiel, les interventions qu'il faisait dans les écoles n'étaient plus possibles car elles étaient fermées. Les gens se sont installés dans une sorte de fatalité puisque personne au niveau des instances ne nous répondait. 

Personne n'imaginait que cela durerait aussi longtemps... 
Gouverner, c'est prévoir mais c'est vrai qu'on était en pleine bagarre électorale !  (cqfd: à la FFHB) On avait repris en septembre avec un derby contre Metz. Un vrai succès, tout s'était très bien passé. Un mois après, on a revécu le même cauchemar qu'en début d'année. Plus de matches, plus d'entraînements. On espérait une reprise en décembre a minima pour nos U17 et U18, impossible à organiser.  

On vous sent très remonté ? 
Oui et il y a de quoi ! Aujourd'hui en France, pour faire du sport, même en amateur, il faut être presque riche ! Une licence, ce n'est pas donné et la fédération ne fait aucun cadeau. L'inquiétude aujourd'hui, c'est qu'on va perdre des licenciés, c'est évident.. Ce qu'on réclame c'est que déjà pour la saison 2021/2022, il y ait une prolongation des cotisations (*). Que le pratiquant senior ou les parents pour les jeunes ne soient pas obligés de remettre la main au porte-monnaie.

(*) un geste pourrait être fait au niveau du comité 54 dans ce sens et une allocation de 60 000 euros pourrait être dégagée mais la mesure doit encore être validée. 

Autant faut-il que l'activité reprenne...
C'est le problème majeur. Car à force, nos gamins vont se tourner vers des disciplines plus accessibles en extérieur. Sans compter qu'on n'est pas à l'abri d'un nouveau confinement. Là, depuis l'arrêt de l'activité, il n'y a plus de billetterie, plus de rentrées avec la buvette, plus de manifestations annexes, de tombolas, ... 

Des aides ont quand même été versées...
Oui, une partie du fonds de solidarité. Sauf que ce n'est pas une fin en soi. Même si la Fédération n'est pas responsable bien-sûr de la crise sanitaire, qu'on arrête de nous demander de faire des efforts pour des structures dont on ne profite même pas !

A quoi faites-vous allusion ? 
A la Maison du Handball. Il y a une part pour la financer qui est prélevé sur les cotisations, qu'est ce que cela nous apporte ? Rien. Si on nous propose de l'utiliser, nous les amateurs, une semaine par an, pour faire des stages entre clubs, pourquoi pas ? 

Quel message auriez-vous à transmettre à Philippe Bana, le président de la FFHB ? 
Je lui demanderais pour quelles raisons il a pris la présidence dans un moment comme celui-ci ? Il avait bien une idée des difficultés que rencontreraient les clubs amateurs, non ? Quelles solutions peut-il trouver avec les comités et les ligues pour stopper l'hémorragie ? Il faut qu'on garde impérativement notre socle de licenciés. Tu peux avoir toutes les subventions possibles, si les licenciés ne sont plus là, il n'y a plus de clubs !  

La page Facebook de #Sauvons le Handball# (ICI)

Commentaires

REJOIGNEZ-NOUS !

                                                  VAHB_SITE.gif

VAHB 2. 320.320.gif

                                          PENSEZ à 2019-2020..gif

212 Licenciés(e) le 14/03/20

LES%20PARTENAIRES%20DU%20VAHB%202019%20-2020.gif

0 9 Cartevisite.gif

>> Nos liens utiles pour tout savoir sur nous <<